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La Gloire de l'Edankan Forum Index » » aux lecteurs » » Le merveilleux, la fantasy... et vous
Auteur
Le merveilleux, la fantasy... et vous
Manège


Inscrit: Jan 11, 2006
Messages: 201
De: Paris
Posté le: 22-03-2006 à 17:24    
Puisque La Gloire de l'Edankan est classé dans cette catégorie, j'aimerais savoir quel est votre rapport avec ce genre ?

Pour ma part, je suis arrivé ici par intérêt pour l'auteur, davantage que par passion pour le genre. Et même - j'ose le dire ! - je n'aime pas la fantasy ! Le merveilleux, passe parfois, Le Seigneur des Anneaux, oui, mais sinon...
Et vous ?


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Xavier de Brabois


Inscrit: Nov 20, 2005
Messages: 551
De: Bourges
Posté le: 22-03-2006 à 20:47    
Si je répond, je me grille.

Disons que j'ai trouvé peu de choses intéressantes moi aussi dans ce genre.
Mais la Fantasy, m'a-t-on dit au Salond du Livre, est avant tout une littérature de divertissement. Peut-être ne recherchons-nous pas ce qu'il faut y trouver ?


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Manège


Inscrit: Jan 11, 2006
Messages: 201
De: Paris
Posté le: 22-03-2006 à 23:36    
Si on se réfère aux nuances entre étrange, fantastique et merveilleux (un carambar à qui se rappelle de qui vient cette brillante classification !), c'est vrai que je préfère nettement les deux premiers, qui m'ont toujours semblé plus riches.
Peut-être aussi ai-je une telle attirance pour les personnages et leur caractère, pour des descriptions liées à la mémoire et au ressenti (là, le premier qui fait une remarque sur mon supposé rapport à la sensibilité a droit à une claque !), que je n'ai jamais pu trouver un intérêt profond dans un genre qui déplace les héros dans un monde aux codes recréés. Il y a tant à dire sur nos vies : pourquoi vouloir s'intéresser à autre chose ? (Je provoque un peu avec cette question, mais c'est vrai que le rapport des lecteurs au merveilleux m'intrigue depuis... depuis qu'un ami mordu m'a fait découvrir Tolkien, je crois.)

Pourrait-on dire qu'au contraire de la science-fiction le merveilleux (et la fantasy) est un peu passéiste ?...


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Xavier de Brabois


Inscrit: Nov 20, 2005
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De: Bourges
Posté le: 23-03-2006 à 01:55    
Passéiste ? C'est à dire ?

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Manège


Inscrit: Jan 11, 2006
Messages: 201
De: Paris
Posté le: 23-03-2006 à 10:40    
Euh... pas grand chose ! (Flagrant délit de langue de bois, simplement pour provoquer un peu, mais l'auteur n'est pas dupe !!)

En gros, si on voulait vraiment argumenter dans ce sens, ça revient à cette idée (que j'ai déjà exprimée, je crois) que le merveilleux s'installe souvent dans des sociétés dé type médiéval... Cet attachement à un Moyen-Âge fantasmé m'a toujours un peu étonné.


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Xavier de Brabois


Inscrit: Nov 20, 2005
Messages: 551
De: Bourges
Posté le: 23-03-2006 à 18:12    
Il y a tant à dire sur nos vies : pourquoi vouloir s'intéresser à autre chose ?
Euh, bon. C'est la seule question à laquelle je pense pouvoir répondre. Le sujet sur la mémoire et le ressenti est mon avis affaire de goût, et je comprend tout à fait que ce soit plus ce vers quoi ta sensibilité se dirige. La mienne va plutôt vouloir montrer dans les descriptions ce qui est justement extérieur à l'homme, ce qui provoque sa contemplation.

Stricto sensu, le merveilleux n'est pas de la fantasy. C'est l'irruption d'un phénomène inexplicable dans notre monde, (même un miracle)... (pourtant, j'aimerais mieux que cette défnition ne soit pas aussi stricte).

Bon, ta question maintenant.
"Il y a tant à dire sur nos vies". Peut-être. Mais qu'y a-t-il à entendre sur ces vies ? Nous traversons souvent les mêmes épreuves (même si elles s'incarnent différemment), les mêmes joies. Lire la vie d'un autre, si elle ne sort pas un peu de l'ordinaire, ne m'a d'abord jamais intéressé en tant que loisir (les partages de vécu, je les fuis comme la peste, ou les souffre en silence).
une autre raison est aussi que nous ne partageons pas forcément l'analyse ou les choix de la personne qui nous raocnte cette vie. Nosu racontant se vie, elle cherche aussi la justification de ses choix, (ou la déresponsabilisation de ses auvais choix) ce qui n'est pas "humain" finalement.

Le récit d'aventure au contraire nous met face à des choix que nous n'aurons peut-être jamais... et en tout cas pour lesquels nous n'avons pas d'a priori défensif. Selon moi, ils permettent bien plus la réflexion, l'introspection, que des choix auxquel notre idéologie a déjà décidé de donner une réponse irrévocable.
En me posant des questions que l'ordinaire ne me force pas à me poser, je peux réfléchir aux vrais fondements de ma réponse. C'est d'ailleurs le principe de la philosophie. Personne dans sa vie courante ne se demande pourquoi les choses sont plutôt que de ne pas être (ce qui s'appelle l'immanence). C'est pourtant une question essentielle.
Un scénario qui permet à un héros de se poser soudain cette question dans son ordinaire nous oblige à nous la poser aussi.
Et si le monde n'était qu'une illusion (thème des sceptiques), et si ce qui n'est pas avait quelque chose à nous dire sur ce qui est. Et si le rêve nous parlait de la réalité.
Le monde merveilleux, quel qu'il soit, PEUT permettre ces questionnements. (mais il peut aussi ne rien en faire).

Dans le monde merveilleux, sauf cas de divertissement particulier (e abondant, c'est possible), on s'intéresse bel et bien à nos vies, plus que n'importe quel réci qui parle d'une vie individuelle. Le merveilleux ne s'intéresse pas à autre chose, par contre il le fait à travers un nouvel angle de vue. Au lieu de regarder le monde depuis la fenêtre, il le regarde du haut d'un arbre, du haut du mât d'un bateau, du haut d'un astronef, du fond des mers... il le regarde en ôtant la buée du quotidien qui fait qu'on ne s'étonne plus de rien.
Le merveilleux va s'étonner de l'oiseau qui niche dans l'arbre et de l'enfant qui grandit.
Je crois que c'est la richesse de ces univers, quand ils en ont conscience.

Tolkien s'étonnait de trouver de la noblesse ou de la beauté chez l'homme ou dans ces productions. Il montre que cette beauté est merveilleuse en l'incarnant dans le peuple merveilleux des elfes, qui ont été les guides des hommes et qu leur ont transmis leur sang merveilleux. Ainsi, l'homme peut se regarder en souriant, et non plus en maudissant sa condition.


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Manège


Inscrit: Jan 11, 2006
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De: Paris
Posté le: 24-03-2006 à 22:39    
Là, je réalise (évidemment) que je me suis fort mal exprimé.

"Il y a tant de choses à dire sur nos vies" devait avoir dans mon esprit au moment où je l'ai écrit le sens de "tant d'histoires à raconter qui se déroulent dans un environnement familier"... Oui, je sais : ce n'est pas pareil !
Mais c'est déjà hors-sujet.

Je reviens à ma question : qu'est-ce qui peut attirer un lecteur vers le genre du merveilleux plutôt que vers le roman policier, le roman sentimental, la science-fiction ou le roman d'aventures géographique (par exemple) ?
Quel lien(s) entretez-vous avec ce genre particulier ? Êtes-vous des lecteurs "exclusifs" ? ("Le fantastique ? pouah...") Ou au contraire "dilettantes" ?

En résumé : qu'est-ce que vous faites ici, tonnerre de Brest ?!!


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Xavier de Brabois


Inscrit: Nov 20, 2005
Messages: 551
De: Bourges
Posté le: 26-03-2006 à 13:16    
OK, je comprends mieux la question.
D'abord je ne pense pas que ce genre de lecture soit exclusif. Le merveilleux médiéval fait partie de mes lectures, mais le reste me plaît aussi, et souvent plus.
Le merveileux n'est donc pas un choix de genre au détriment des autres, mais un type de lecture parmis d'autres.
Qu'est-ce qui attire ?

Franchement, le rêve du chevalier brandissant l'épée sur un cheval blanc est quand même ancré au fond de chacun de nous, non ? (tout comme le rêve de la princesse trouvant son prince charmant est ancré au fond du ceur des demoiselles).
J'ai vu exclalibur il y a quelques jous à la télé, le film a beau avoir vieilli, on le regarde avec plaisir tant les images des oriflammes, des épées brillantes, des couronnes et des remparts assiégés nous excitent ou nous font rêver.
La chevalerie est d'ailleurs au coeur du jeu scout.

Je crois que c'est tout cela qui fait qu'on s'égare volontiers de ce côté de la littérature.


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Manège


Inscrit: Jan 11, 2006
Messages: 201
De: Paris
Posté le: 26-03-2006 à 17:46    
Citation:
Le 2006-03-26 13:16, Xavier de Brabois a écrit:

D'abord je ne pense pas que ce genre de lecture soit exclusif. Le merveilleux médiéval fait partie de mes lectures, mais le reste me plaît aussi, et souvent plus.
Le merveileux n'est donc pas un choix de genre au détriment des autres, mais un type de lecture parmis d'autres.
D'accord, pour toi, mais tu serais peut-être surpris de voir le nombre de "lecteurs d'un genre", qui m'étonnent justement par leur exclusivité...


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Xavier de Brabois


Inscrit: Nov 20, 2005
Messages: 551
De: Bourges
Posté le: 26-03-2006 à 21:33    
Tu es sûr ?
J'ai remarqué notamment une grande porosité entre la fantasy et les manga chez les amateurs.


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Manège


Inscrit: Jan 11, 2006
Messages: 201
De: Paris
Posté le: 26-03-2006 à 22:33    
Sûr et certain. Je ne dis pas qu'ils ne vont absolument jamais lire ou voir autre chose, mais il existe de vrais "mordus" de certains genres, c'est stupéfiant.
(J'ai étudié la littérature de genre, d'où mon relatif intérêt pour la question...)


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Akela


Inscrit: Feb 26, 2006
Messages: 317
De: Paris XV
Posté le: 27-03-2006 à 12:41    
J'ai été fort étonné et amusé, samedi, en «inspectant» les rayons des FNAC lyonnaises, de voir que la littérature de fantasy était classée parmi la science fiction.
Alors qu'en fait les adeptes de ces deux genres (somme toute assez proches en effet, quand on y réfléchit !) n'ont, me suis-je laissé dire, pas de mots assez durs les uns pour les autres ...

Curieux, non ?


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S.E.R. Vincent


Inscrit: Mar 27, 2006
Messages: 15
Posté le: 27-03-2006 à 13:27    
C'est souvent le cas à la FNAC, et je ne ne trouve pas ça si curieux que ça. J'aurais même tendance à trouver curieuse l'animosité dont tu parles.

Après il faut voir ce qu'on entend pas science fiction. Personnellement j'aurais tendance à la limiter au roman d'anticipation (Barjavel, Asimov, Huxley, ...), qui est la science fiction à proprement parler, vu que c'est la science qui est le point de départ. Mais le classement de certaines oeuvres en science-fiction, sous prétexte que celà se passe dans le futur ou dans un univers futuriste - alors que ça se passe il y a longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine ... - me parait clairement abusif. En particulier, je fais partie de ceux qui considèrent Star Wars comme de la Fantasy (je pense que ça pourait s'appliquer aussi à Dune mais comme je ne connais que la version film, je préfère ne pas me prononcer pour l'instant).

Pour ce qui est de la porosité entre manga et la fantasy - ou plutôt entre le Shônen et la fantasy (si le manga peut être considéré comme un genre au niveau graphique, pour ce qui est des scenarii, ce n'est pas le cas) - j'en suis un bon exemple.


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Manège


Inscrit: Jan 11, 2006
Messages: 201
De: Paris
Posté le: 14-04-2006 à 16:09    
De la part de LYNX 2, qui n'a pas réussi à se connecter, et pour prolonger le débat :
Citation:
Science fiction ou Fantasy. La différence est avant-tout culturelle. J'ai vécu en Angleterre et en France. je me souviens d'une différence fondamentale dans les contes de fées. En France, cela se terminait par "ils furent heureux et eurent de nombreux enfants". En Angleterre, cela se terminait par "ils découvrirent un trésor et furent heureux".
La Science-fiction a pour père un Français Jules Verne à une époque où la science attirait car elle apparaissait comme le remède à tout. La Fantasy est une dérive anglo-saxonne, une sorte de quête de gloire et de richesse. Ce ne sont pas les mêmes valeurs qui sont exposées.
Surcouf disait "on se bat toujours pour ce qui nous manque le plus".
Ce que je ressens, c'est que toute époque est à la recherche de quelque chose qui lui manque. En Angleterre, la différence entre les très riches et les très pauvres est énorme et l'a toujours été. La fantasy est un moyen de rêver ce que l'on n'a pas.
Aujourd'hui, la Fantasy connait un certain succès en France tout simplement parce que notre pays a changé lui aussi. Nous sommes aussi à la recherche d'un avenir glorieux. La société de consommation nous y pousse car elle ne nous satisfait pas pleinement. La France n'a cessé de décroître en importance, les Français rêvent de succès à défaut de l'obtenir dans le réel.
On peut faire évoluer cette Fantasy en en faisant à notre tour un genre à la française, une quête de l'amitié, une recherche de nobles sentiments. Rien n'est jamais joué définitivement dans ce domaine.


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Xavier de Brabois


Inscrit: Nov 20, 2005
Messages: 551
De: Bourges
Posté le: 14-04-2006 à 17:22    
Surcouf disait "on se bat toujours pour ce qui nous manque le plus".
En réponse à un amiral anglais qui lui disait "Vous, les français, vous vous battez pour l'argent. Nous , nous nous battons pour l'honneur"

Je trouve ton analyse de la naissance de la fantasy et de la SF assez pertinente, Lynx, pas contre je ne suis pas certain que les raisons de l'évolution vers le genre en France puisse s'expliquer par une société qui cherche la gloire poussé par un consummérisme aigu.

Je crois que la première raison de la chute de l'intérêt pour la SF est la grave remise en cause de la science depuis le traumatisme de 1945, et depuis aussi que les découvertes scientifiques se multiplient suffisemment pour se remettre en cause les unes les autres en 5 ans d'intervalle (un auteur qui veut exploiter une nouvelle découverte a intérêt à vite écrire son roman avant qu'il ne soit périmé).
Cela vient aussi je pense d'une peur envers l'avenir. Jadis on marchait confiant vers un avenir meilleur... aujourd'hui ce n'est plus le cas. Il y a peut-être un repli sur le passé (je dirai moins péjorativement un "retour") qui nous permet de redécouvrir qu'il n'était peut-être pas aussi vilain que les idéologues de 68 ont voulu nous le faire croire. Le passé est devenu source d'autant de mythes farfelus que l'avenir. Peut-être parce que nous avons été de plus en plus coupé du passé à force de tendre vers l'avenir.
L'an 2000 a peut-être aussi sonné la désillusion définitive d'un millénaire nouveau et merveilleux.

La SF est en déclin (cela m'a été confirmé au Salon du Livre), et la Fantasy en passe de devenir le monstre n°1 des ventes.
Le déclin de l'un n'explique pas automatiquement la poussée de l'autre. D'ailleurs il y a également de bonnes ventes dans les récits plus ou moins auto biographiques, où l'auteur raconte sa vie (améliorée mais toujours minable), une vie qui intéresse pourtant les lecteurs, les mêmes sans doute qui allumaient leur télé aux heures de télé-réalité. Vivons-nous tous la même (triste) vie ? est sans doute la question qui relie ces gens.
Une fois rassuré, que reste-t-il à faire ?
Changer de vie ?

Je crois que plus que le trésor, c'est une des grandes caractéristiques des romans de fantasy. Le héros de fantasy n'est pas un aventurier à la Tintin ou la Indiana Jones toujours prêt à une nouvelle aventure. C'est souvent un garçon (ou fille) tout à fait ordinaire, qui mène une vie ordinaire (celle de ces auto-biographie de la médiocrité), mais qui d'nu seul coup sont transformés et se découvrent autres.
Le petit Harry martyrisé par des parents est en fait un puissant sorcier qui vit de folles aventures dans le monde qui est son vrai monde (je n'avais pas vu ce point jusqu'à aujourd'hui, mais les parents représentent certainement aussi les tracas de la vie pour ces lecteurs adultes); Sam et Aragorn qui ne paient pas de mine deviennent des héros, des rois même. Et c'est un principe commun à presque tous les ouvrages de fantasy.



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Manège


Inscrit: Jan 11, 2006
Messages: 201
De: Paris
Posté le: 14-04-2006 à 23:32    
L'analyse de Xavier, en complément-correction de celle de Lynx, me paraît assez juste. D'ailleurs, je vois mal quoi y ajouter !

Si : une chose simplement.
J'ai découvert que la science-fiction d'aujourd'hui avait une certaine tendance à "revenir" à ce qu'elle nous semble avoir été à ses débuts. (C'est forcément une illusion, mais apparemment le mouvement est assez développé tout de même.)
On appelle ça (paraît-il) le steam-punk. Les intrigues se déroulent généralement au XIXe siècle, avec des héros qui utilisent des armes "futuristes" dans des univers souvent derrière les limites du fantastique... Je n'ai pas vraiment d'exemples littéraires, mais j'ai pu en constater certains effets à la télévision, dans la bande-dessinée et au cinéma (cf. notamment Les mystères de l'Ouest, La ligue des Gentlemen extraordinaires, Van Helsing, etc.). Tout ceci me paraît clairement aller dans le sens de ce que suggère Xavier : les auteurs (et les lecteurs) reviennent sur les pas d'un passé méconnu et le réinventent à la lumière d'une autre forme de science, plus "artisanale"... c'est comme si on partait à la recherche d'un présent différent !


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rebeca


Inscrit: Feb 25, 2006
Messages: 45
Posté le: 20-04-2006 à 13:58    
Manège: Les intrigues se déroulent généralement au XIXe siècle, avec des héros qui utilisent des armes "futuristes" dans des univers souvent derrière les limites du fantastique... Je n'ai pas vraiment d'exemples littéraires [...]


Un exemple en littérature pourrait être Confession d'un automate mangeur d'opium de Mathieu Gaborit et Fabrice Colin -je ne l'ai pas lu mais la quatrième de couverture correspond à ce que tu as décris.
Sinon il y a aussi des livres comme Délius, une chanson d'été de David Calvo classé comme "fantasy" mais qui se déroule au XIXième au lieu du traditionnel univers à la médiévale.


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rebeca


Inscrit: Feb 25, 2006
Messages: 45
Posté le: 20-04-2006 à 17:40    
Lynx 2: Science fiction ou Fantasy. La différence est avant-tout culturelle. J'ai vécu en Angleterre et en France. je me souviens d'une différence fondamentale dans les contes de fées. En France, cela se terminait par "ils furent heureux et eurent de nombreux enfants". En Angleterre, cela se terminait par "ils découvrirent un trésor et furent heureux"

Je n'ai pour ma part ni vécu en France, ni en Angleterre par contre j'ai lu pas mal de contes dans leur version originale... Je peux citer pas mal de contes anglais qui se terminent par ils vécurent heureux, sans de mention de trésors ni d'enfants (par exemple, dans le recueil de Joseph Jacobs (1890): The Three Sillies, Nix Nought Nothing, The Red Ettin, Lazy Jack, Earl Mar’s Daughter, The Fish and the Ring, Kate Crackernuts,...)
Au niveau français, on ne trouve ni chez Perrault (je viens de vérifier dans l'édition intégrale) ni chez d'Aulnoy (dans ceux que j'ai lu en tout cas) un conte se terminant avec ce fameux "ils furent heureux et eurent de nombreux enfants" ( La Belle au Bois Dormant se conclut sur la mort de la belle-mère qui voulait manger la Belle et ses deux enfants Aurore et Jour en l'absence du Roi -le prince qui avait éveillé la demoiselle, Peau d'Ane se termine avec les festivités de mariage et la réconciliation avec son père, Cendrillon avec le mariage et le pardon des deux mauvaises soeurs, et même si La Belle aux Cheveux d'Or de d'Aulnoy s'achève simplement sur la noce, on ne parle pas là non plus des nombreux enfants...)

J'ai cherché longtemps d'où pouvait venir cette formule si connue et pourtant présente dans aucun conte original. J'ai peut-être quelques éléments de réponses... D'abord, de nombreux contes repris dans les livres pour enfants ne sont pas français, tels tous les contes de Grimm ainsi que ceux d'Andersen. Mais même si chez les frères Grimm la conclusion parle souvent (en tout cas pour les contes sur l'amour, qui sont loin de former l'unique catégorie de contes, autant en France qu'en Angleterre ou en Allemagne) de leur bonheur sans fin (Sie lebten glücklich und zufrieden, und wenn sie nicht gestorben sind, dann leben sie noch heute), je n'ai pas non plus trouvé là de traces de la ribambelle de gamins.
Ensuite, les contes dans les éditions pour enfants sont souvent abrégés et remaniés, je me suis dit que cette formulation venait peut-être de là, ce que confirme Michèle SIMONSEN: Les formules initiale: «Il était une fois ...» et finale: «Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants», clichés des albums pour la jeunesse, sont extrêmement rares dans les versions authentiquement populaires (Le conte populaire français, coll. Que sais-je?, P.U.F., Paris, 1981, p53)
En conclusion, je trouve ta distinction entre conte français et conte anglais quelque peu, hum, hasardeuse... et donc bien fragile comme fondement pour ton explication qui en découle... C'est un peu risqué de se lancer dans l'élaboration de théories en s'appuyant sur des bases aussi vagues que les généralisations du style "tous les contes anglais... tous les contes français..." (surtout quand on voit le nombre impressionnant de contes lus aux enfants français qui viennent des Grimm... non, Blanche-neige n'est pas un conte français )


Lynx 2: La Science-fiction a pour père un Français Jules Verne à une époque où la science attirait car elle apparaissait comme le remède à tout.

Tout de même, faudrait pas oublier son contemporain H.G. Wells, pas vraiment français lui, d'autant plus que la thématique de La Machine à explorer le temps (1895) ou de La guerre des mondes (1898) a eu bien plus d'échos, enfin il me semble, dans cette catégorie de littérature que les voyages sur la lune (surtout après 69 ).


Lynx 2: La Fantasy est une dérive anglo-saxonne, une sorte de quête de gloire et de richesse.

Euh, je ne suis pas sûre de bien comprendre... une "dérive"??? La fantasy une dérive de la science-fiction? J'espère bien que tu nous taquinais, là, petit farceur ^^

Lynx 2: La France n'a cessé de décroître en importance, les Français rêvent de succès à défaut de l'obtenir dans le réel.

Je ne sais pas si vraiment les succès et la gloire au niveau national joue à ce point sur la production (et la lecture) ou non de fantasy... va falloir m'expliquer, après tout, s'il y a bien un pays où elle s'écrit et se vend à la pelle, c'est aux USA, et on ne peut pas vraiment dirent qu'ils décroissent en importance...



Xavier: Le héros de fantasy n'est pas un aventurier à la Tintin ou la Indiana Jones toujours prêt à une nouvelle aventure. C'est souvent un garçon (ou fille) tout à fait ordinaire, qui mène une vie ordinaire (celle de ces auto-biographie de la médiocrité), mais qui d'nu seul coup sont transformés et se découvrent autres.

Je trouve que c'est tout à fait vrai pour la fantasy du moment... on peut facilement rajouter à ta liste les livres de Hobb, Loevenbruck, Le Guin, Jordan, même le Rincevent de Pratchett... Par contre ça me semble quelque peu moins vrai pour des bouquins antérieurs... du style Conan le Barbare de Howard


Xavier: Il y a peut-être un repli sur le passé (je dirai moins péjorativement un "retour") qui nous permet de redécouvrir qu'il n'était peut-être pas aussi vilain que les idéologues de 68 ont voulu nous le faire croire. Le passé est devenu source d'autant de mythes farfelus que l'avenir. Peut-être parce que nous avons été de plus en plus coupé du passé à force de tendre vers l'avenir.


Il est long, le passé, hein, Xavier, il commence il y a quelques heures pour s'enfuir à l'aube de l'hummanité... tu parlais d'un moment en particulier? Je n'avais jamais vu mai 68 comme une croisade contre l'antiquité, moi Et c'est clair que nous avons été coupé de notre passé, surtout du paléolithique, hein ^^ (Sorry, tu me connais, là j'ai pas pu m'empêcher )


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Gurth


Inscrit: Apr 07, 2006
Messages: 9
Posté le: 20-04-2006 à 18:41    
Xavier : "Je crois que la première raison de la chute de l'intérêt pour la SF est la grave remise en cause de la science depuis le traumatisme de 1945, et depuis aussi que les découvertes scientifiques se multiplient suffisemment pour se remettre en cause les unes les autres en 5 ans d'intervalle (un auteur qui veut exploiter une nouvelle découverte a intérêt à vite écrire son roman avant qu'il ne soit périmé)."

Y a t-il vraiment une chute d'intérêt significative pour la SF? Plus qu'un "creux" passager? La seconde guerre mondiale a certainement clôt une "première période", mais une seconde a commencé à sa suite, avec Asimov, Clark, K Dick, etc... A mon avis la deuxième guerre mondiale a même plutôt boosté la SF à l'époque, les recherches allemandes étant une bonne source d'inspiration. Quant à la multiplication des découvertes scientifiques, elles ne bouleversent pas les questionnements de fond auxquels peut s'intéresser un auteur. (et puis sur certains sujets il y a encore de la marge, - voyages dans le temps et compagnie - ) Je ne sais pas si on peut réellement parler d'une peur de l'avenir (plus qu'à d'autres époques? ), mais après tout cela peut-être aussi une excellente source d'inspiration, non? (cf le Meilleur des Mondes, 1984, etc.)


Rebeca : "Tout de même, faudrait pas oublier son contemporain H.G. Wells, pas vraiment français lui, d'autant plus que la thématique de La Machine à explorer le temps (1895) ou de La guerre des mondes (1898) a eu bien plus d'échos, enfin il me semble, dans cette catégorie de littérature que les voyages sur la lune (surtout après 69 )."

D'autant plus que Verne a écrit bon nombre de bouquins qui tiennent plus du roman d'aventures (ou d'édification), au fond sa production sciencefictionnesque est très limitée.

Lynx 2 : "On peut faire évoluer cette Fantasy en en faisant à notre tour un genre à la française, une quête de l'amitié, une recherche de nobles sentiments."
De nombreux romans de fantasy présentent déjà ces caractéristiques, non? On pourrait citer en premier lieu le Seigneur des Anneaux On peut aussi le trouver chez Hobb, Jordan, Loevenbruck...
Il y a peu de chances que ces valeurs deviennent spécifiques à un "genre à la française" (ni à la fantasy tout court)

Et puis, la fantasy à la française existe déjà : Loevenbruck (dont les cycles sont justument plein de quêtes de l'amitié et de nobles sentiments), Gaborit, Dau, Wietzel, Colin, Ange, Silhol, Kloetzer, Grimbert, Ségura, Calvo,... de Brabois





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Xavier de Brabois


Inscrit: Nov 20, 2005
Messages: 551
De: Bourges
Posté le: 20-04-2006 à 22:23    
Par contre ça me semble quelque peu moins vrai pour des bouquins antérieurs... du style Conan le Barbare de Howard
C'est très vrai. Et en même temps non. Conan est tout de même un jeune esclave au commencement de son aventure. Un moins que rien sur l'échelle sociale. Il est fort et baraqué, il est la puissance personnifiée. Ce genre de héros américain manque cruellement aujourd'hui.
Je me suis demandé si cela ne venait pas des films de Brule Lee. Avant lui, les héros américain étaient toujours des types forts, puissants. Et pusi le kung fu est arrivé, et on nous montré des petits héros tout maigres qui éclataient la tête de type deux fois plus baraqués. Je crois que ça a sonné la mort d'une conception Musclor du héros. Le héros, sous une apparence trompeuse, pouvait cacher des talents extraordinaires. Mais mon idée sur le kung fu n'est qu'une spéculation. Je m'en suis rendu compte en revoyant de vieux films.
Le héros physique est mort, mais le pire est que le héros moral aussi est mort. Aujourd'hui les héros sont en demi-teinte, ont une part obscure. Le héros vertueux a fait son temps, on ne l'aime plus. On ne veut plus des saints, des Perceval, on veut de l'humain, des Lancelots... en pire. Si encore l'humain s'élevait... mais bien souvent il reste juste de plus en plus médiocre... il s'adapte à notre monde. La Gloire de l'Edankan est tributaire d'ailleurs de ce courant, mais je prépare un autre roman qui j'espère sonnera le retour du héros.


Gurth, le cinéma français se démarque quand même beaucoup du cinéma américain. Penses-tu qu'ilse puisse qu'un courant de fantasy française développe aussi une spécificité (plus intérieure, plus psy, moins spectaculaire ? Je ne sais pas).
je n'ai pas encore lu de fantasy française (la littérature française contemporaine d'une manière générale ne me plaît pas trop (américaine aussi d'ailleurs, pour une fois que les anglais font quelque chose de bien)


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rebeca


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Posté le: 25-04-2006 à 22:35    
Xavier: Conan est tout de même un jeune esclave au commencement de son aventure. Un moins que rien sur l'échelle sociale.

Ok, autant pour moi ^^ ça m'apprendra à citer des livres dont je ne connais que les clichés... Va vraiment falloir qe je le lise, ce bouquin


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albatros


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Posté le: 13-12-2012 à 09:27    
Il semblerait que j'arrive sur ce fuseau avec une demi-douzaine d'années de retard; mais bon, comme dit le proverbe, mieux vaut tard que jamais!
Je viens de finir le tome 3 de Magarcane de Mathieu Bobin.
Je l'ai trouvé très bien, l'histoire est intérressante et l'auteur arrive à faire passer beaucoup de messages de fond au travers des interrogations de son héro Farëanor, sans que cela semble rasoir.
A l'inverse, j'ai été déçu quand j'ai lu le cycle de l'héritage de Christopher Paolini: en effet, si l'histoire est bien faite, très bien même, les elfes sont décevants: ils ont gardé leur qualités physiques, leur côté attaché à la nature; mais en revanche, leur mode de vie et leurs idées sur le monde sont totalement éloigné de celles de Tolkien.
Je pense que la fantaisie permet de fare passer plus facilement des questions de fond au lecteur. En effet, on voit très souvent un héro découvrir un monde qu'il ignorait et prendre une importance capitale pour l'intrigue.
Les choix qu'il doit poser sont l'occasion de questionnements qui peuvent permettre aux lecteurs de se remettre en cause et de se demander commmetn ils auraient réagit en pareil cas et d'en tirer les conclusion.
Je ne trouve pas qu'il soit forcement difficile de s'identifier au personnage d'un monde qui n'est pas le notre, (lisez Magarcane et dites moi ce que vous en pensez).

Aussi, je suis curieux de voir comment va évoluer Edelflar qui est d'abord un garçon un peu "empoté" et qui devient ensuite un adfolescent arrogant une fois qu'il a découvert ses pouvoirs.


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